Sierra Leone : La pêche durable, nouveau pilier de l’économie bleue sous le Président Julius Maada Bio
Le Président Julius Maada Bio a fait de la pêche un secteur stratégique de la diversification économique de la Sierra Leone. Dans le cadre du programme Feed Salone, le gouvernement entend réguler l’exploitation des ressources halieutiques, lutter contre la pêche illégale et créer des emplois dans la transformation des produits de la mer.
Le secteur est d’une importance capitale : il représente 12 % du produit intérieur brut du pays, constitue la principale source de protéines pour 80 % de la population et emploie environ 500 000 personnes. Mais ces atouts sont menacés par des décennies de pêche illégale, non déclarée et non réglementée (INN) pratiquée par des flottes étrangères, notamment chinoises, qui épuisent les ressources marines. Le président Bio a lui-même estimé que cette situation coûte chaque année environ 50 millions de dollars au pays.
Face à ce défi, plusieurs initiatives structurantes ont été engagées. En décembre 2020, le président a inauguré la première usine de transformation du poisson, la Sierra Fishing Company, à Freetown. Ce projet de 15 millions de dollars, financé par l’Union européenne, a créé près de 1 000 emplois et permet le tri, la congélation et l’emballage du poisson pour le marché local et l’exportation. Le président a souligné que cette usine ouvre la voie à une « économie à valeur ajoutée », au-delà du simple prélèvement du poisson.
Sur le plan diplomatique, la Sierra Leone renforce sa coopération régionale. Lors de la visite du président Bio à Nouakchott en juin 2026, la Mauritanie et la Sierra Leone ont convenu de renforcer leur collaboration pour une gestion durable des ressources maritimes, dans le cadre du développement de l’économie bleue. Les deux pays, dont les côtes sont riches en ressources halieutiques, entendent mutualiser leurs efforts contre la pêche illégale et promouvoir des pratiques durables.
Les défis restent immenses. Les pêcheurs locaux dénoncent la présence de chalutiers étrangers qui pénètrent illégalement dans les zones d’exclusion côtières, coupent leurs filets et épuisent les ressources. Le gouvernement affirme avoir renforcé les contrôles et imposé des transpondeurs aux navires, mais les communautés côtières jugent ces mesures insuffisantes. La lutte contre la corruption et le manque de moyens de la marine restent des obstacles majeurs.
En misant sur la transformation locale, la coopération régionale et une meilleure régulation, Julius Maada Bio trace la voie d’une économie bleue durable, capable de créer des emplois et de garantir la sécurité alimentaire des Sierra-Léonais.
Edouard F.
