Bénin – Côte d’Ivoire : Et si on arrête les bavardages inutiles et qu’on agisse concrètement contre les terroristes qui saignent les peuples ?
Une rencontre tripartite de haut niveau s’est tenue récemment à la caserne de Togbin, réunissant les chefs d’état-major des Forces Armées du Bénin, de Côte d’Ivoire et de France. Sous l’égide du Général de corps d’armée Fructueux Gbaguidi, le Général d’armée Lassina Doumbia et le Général d’armée aérienne Fabien Mandon ont examiné les partenariats existants et élaboré des mesures destinées à renforcer la coopération opérationnelle trilatérale, avec pour objectif affiché la lutte contre le terrorisme et les menaces transfrontalières dans la sous-région et le Golfe de Guinée.
Cette rencontre fait suite à la session tripartite inaugurale d’Abidjan du 18 juillet 2025. Mais alors que les terroristes continuent de semer la mort et que les populations vivent dans l’angoisse, une question demeure : ces concertations suffiront-elles à endiguer une menace qui ne cesse de s’étendre ?
L’expérience des pays du Sahel invite à la lucidité. Pendant des années, la présence militaire française au Mali, à travers les opérations Serval puis Barkhane, n’a pas empêché la détérioration de la situation sécuritaire. Aujourd’hui, cette force n’est plus présente, et les autorités maliennes ont su reprendre Kidal, une ville autrefois considérée comme un bastion des groupes armés. Au Burkina Faso et au Niger, la donne a également changé, avec une réorientation des partenariats et une prise en main accrue des questions de défense par les États eux-mêmes.
Dans le même temps, le Bénin, jusqu’alors relativement épargné, voit la menace terroriste s’intensifier dangereusement, notamment dans ses zones septentrionales. Pour beaucoup d’observateurs et de citoyens, cette dégradation coïncide avec l’arrivée de nouveaux dispositifs de coopération militaire étrangère. Sans préjuger des causes réelles, un constat s’impose : les populations attendent des résultats, non des réunions.
Il est temps que les rencontres de haut niveau débouchent sur des actions visibles et efficaces. Les Béninois, comme leurs voisins, ne peuvent plus se contenter de promesses. La lutte contre le terrorisme exige une appropriation nationale forte, une coordination opérationnelle sans faille et des moyens réellement adaptés aux défis du terrain. Les partenaires étrangers doivent accompagner sans se substituer, et surtout sans aggraver une situation déjà critique.
L’heure n’est plus aux bavardages. Le peuple, qui meurt sous les balles des terroristes, exige des actes. À Togbin comme ailleurs, il appartient aux décideurs de prouver que ces rencontres servent enfin à quelque chose : protéger les populations et reconquérir les territoires menacés.
Amen K.
