RDC : Quarante-deux ans après, le grand rendez-vous du recensement pour une planification enfin ajustée

La République démocratique du Congo s’apprête à franchir une étape historique avec le lancement de son deuxième Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH2). Le premier et unique recensement remonte à 1984, à une époque où le pays comptait près de 30 millions d’habitants. Quarante-deux ans plus tard, la population est estimée à environ 110 millions, sans que des données démographiques fiables et actualisées n’aient permis d’orienter efficacement les politiques publiques.

Cette carence de données constitue un véritable défi pour la planification et la mise en œuvre des programmes de développement. Face à cette situation, les autorités congolaises entendent désormais doter le pays d’un outil statistique robuste, capable de guider l’action publique avec précision.

Le Vice-Premier ministre, Guylain Nyembo, a souligné l’importance stratégique de cette opération. Selon lui, le RGPH2 fournira une base de données essentielle pour définir les besoins sociaux de base et anticiper les solutions adaptées. Ces informations serviront également à l’échantillonnage des unités dans le cadre des enquêtes intercensitaires, permettant ainsi une meilleure cohérence entre les diagnostics et les interventions.

Au-delà de la simple collecte de chiffres, ce recensement ambitionne d’alimenter des projets et programmes d’envergure, tant nationaux qu’internationaux. Il s’agit de disposer enfin d’une cartographie précise de la population, de sa répartition géographique, de ses caractéristiques socio-économiques et de ses besoins fondamentaux en matière de santé, d’éducation, d’infrastructures et d’emploi.

L’enjeu est d’autant plus crucial que la RDC, avec sa croissance démographique soutenue, doit faire face à des défis structurels majeurs. Sans données fiables, la planification territoriale, l’allocation des ressources publiques et la conception des politiques sectorielles restent largement approximatives.

Le RGPH2 marque ainsi une rupture avec des décennies de planification entravée par l’absence d’informations actualisées. Pour les autorités congolaises, cet exercice est une condition sine qua non pour bâtir des politiques publiques véritablement adaptées aux réalités du terrain et pour répondre aux attentes pressantes d’une population en quête de services publics de qualité.

À l’heure où le pays aspire à un développement endogène et maîtrisé, ce recensement se pose en fondement d’une gouvernance plus éclairée, où chaque décision repose enfin sur une connaissance précise des besoins réels des citoyens.

Amen K.

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