Amérique : Quand Donald Trump menace de retirer les États-Unis de l’Otan, une nouvelle secousse transatlantique

Dans un entretien accordé au quotidien britannique The Telegraph publié mercredi 1er avril, le président américain Donald Trump a affirmé envisager très sérieusement de retirer les États-Unis de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (Otan). Une décision qui, si elle se concrétisait, constituerait une rupture historique dans l’architecture de sécurité occidentale.

« Je n’ai jamais été convaincu par l’Otan. J’ai toujours su qu’il s’agissait d’un tigre de papier et Poutine le sait aussi, d’ailleurs », a déclaré le président américain, réitérant ses critiques récurrentes à l’encontre de l’Alliance atlantique. Interrogé sur la possibilité de revoir la participation américaine après le conflit, Trump a répondu sans ambages : « Oh oui, je dirais que c’est au-delà de toute reconsidération. »

Cette menace intervient dans un contexte de vives tensions entre Washington et plusieurs de ses alliés européens. Les États-Unis reprochent à la France, à l’Espagne et à l’Italie, entre autres, d’avoir refusé d’autoriser le survol de leur territoire ou l’utilisation de bases américaines pour acheminer du matériel militaire vers Israël, dans le cadre de la guerre déclenchée contre l’Iran le 28 février dernier. Un désaccord qui exacerbe les fractures au sein de l’Alliance.

Face à ces déclarations, le Premier ministre britannique Keir Starmer a rapidement pris la défense de l’Otan lors d’une conférence de presse à Downing Street. « L’Otan assure notre sécurité depuis plusieurs décennies et nous sommes pleinement engagés dans cette alliance », a-t-il souligné, rappelant l’importance de la cohésion transatlantique.

Fondée en 1949 à Washington au début de la guerre froide pour faire face à la menace soviétique, l’Otan repose sur le principe de défense collective inscrit dans son article 5. Un retrait américain, même partiel, fragiliserait durablement cette architecture et ouvrirait une crise sans précédent au sein du camp occidental.

Donald Trump, qui doit trancher dans les prochaines semaines ou mois, a fait de la remise en cause des alliances multilatérales un marqueur de sa politique étrangère. Reste à savoir si ses partenaires européens parviendront à le dissuader de franchir ce pas aux conséquences géopolitiques incalculables.

Amen K.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *