Burkina Faso : Fraude carburant et produits illicites, la CNLF frappe deux grands coups.
La Coordination nationale de lutte contre la fraude (CNLF) a réaffirmé sa détermination à assainir le circuit économique national. Deux opérations d’envergure, menées respectivement le 10 avril puis dans la nuit du 20 au 21 avril 2026, ont permis de démanteler des réseaux frauduleux aux lourdes conséquences financières pour l’État burkinabè.
La première intervention, réalisée le 10 avril à Tanghin-Dassouri, a abouti au démantèlement d’une unité clandestine spécialisée dans la fabrication de produits destinés aux pneus sans chambre à air. Sur le site, les équipes de la CNLF ont également découvert un important stock de marchandises frauduleusement importées. Cette unité fonctionnait en dehors de tout cadre légal, échappant ainsi aux obligations fiscales et douanières. En produisant et en commercialisant ses articles sans aucune déclaration, elle privait l’État de recettes substantielles tout en faussant les règles de la concurrence loyale.
La deuxième opération, conduite dans la nuit du 20 au 21 avril à Kombissiri, a été tout aussi spectaculaire. Les agents ont intercepté une citerne d’une capacité de 45 000 litres en pleine activité de siphonnage de carburant. Le produit, initialement destiné à la SONABHY, était illicitement détourné pour être dépoté dans une station-service ne disposant d’aucun insigne de marketeur agréé. Ce mode opératoire, visiblement bien rodé, expliquerait en partie les écarts récurrents de quantités observés à la livraison du carburant. En mettant fin à ce circuit frauduleux structuré, la CNLF a porté un coup sévère à un réseau qui portait gravement atteinte à l’économie nationale.
Au total, la valeur des saisies réalisées lors de ces deux interventions est estimée à plus de 160 millions de francs CFA. Le montant des droits de douane éludés dépasse quant à lui les 70 millions F CFA. Ces chiffres illustrent l’ampleur des pertes fiscales que ces pratiques illicites infligeaient chaque jour au pays.
Par ces actions coup sur coup, la Coordination nationale de lutte contre la fraude envoie un signal clair aux fraudeurs : le territoire burkinabè n’est plus un refuge pour les circuits parallèles. La traque se poursuivra, sur tous les axes et dans toutes les zones, pour protéger les ressources de l’État et garantir une saine concurrence économique.
Amen K.
