Mali : Riz local invendu, l’État malien achète 26 030 tonnes pour stabiliser le marché

Au Mali, le riz figure parmi les principales céréales cultivées et consommées avec le maïs. Pourtant, face à la concurrence du riz importé, souvent moins cher et parfois jugé de meilleure qualité, la production locale peine à trouver son chemin vers les assiettes des consommateurs. Pour remédier à cette situation, le gouvernement vient d’annoncer le rachat de 26 030 tonnes de riz invendu détenu par l’interprofession de la filière.

La décision, prise lors du Conseil des ministres du jeudi 23 avril, prévoit que l’État acquière ces stocks pour les revendre à la population à un prix accessible. L’opération sera menée avec l’appui de l’Office des produits agricoles du Mali, qui bénéficiera d’une subvention pour couvrir les coûts associés.

« La mise en œuvre de cette opération permettra de soutenir la filière rizicole nationale, de préserver le pouvoir d’achat des populations et d’assurer la stabilité du marché en période de soudure », souligne le communiqué du Conseil des ministres.

Cette situation s’explique en grande partie par la faible compétitivité du riz local. Selon le gouvernement, des coûts de production élevés rendent le produit malien moins attractif que les importations, favorisant ainsi l’accumulation de stocks invendus chez les producteurs et transformateurs.

Le cas malien s’inscrit dans une tendance plus large observée dans la sous-région, notamment au Sénégal et au Ghana. Dans le premier pays, les autorités ont multiplié les mesures ces derniers mois pour faciliter l’écoulement du riz local : subvention de 50 francs CFA par kilogramme, restrictions ponctuelles sur les importations, et incitations à la consommation par les institutions publiques.

Malgré ces efforts, les producteurs continuent de faire face à des volumes importants de riz invendu. Selon les médias locaux, les riziers et agroindustries de Saint-Louis, dans la vallée du fleuve Sénégal, estimaient à plus de 50 000 tonnes le stock de riz paddy et usiné encore invendu dans leurs magasins à fin mars 2026.

Au Mali comme ailleurs, la question demeure : comment rendre le riz local plus compétitif sans recours systématique aux subventions publiques ? L’achat massif par l’État est une bouffée d’oxygène pour la filière, mais ne saurait constituer une solution durable face à la pression des importations.

Amen  K.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *