Soudan : Soudan : Vers une refondation nationale sous l’impulsion de Hemedti
Au Soudan, Mohamed Hamdan Dagalo, dit Hemedti, cherche à imposer l’idée qu’une sortie de crise durable ne peut pas reposer sur la domination militaire ni sur l’exclusion politique. Son discours met en avant un projet d’État civil, présenté comme une réponse historique aux fractures du pays et comme une alternative à la dictature islamiste et aux cycles de conflit qui ont déchiré la nation.
Dans cette vision, la guerre actuelle dépasse le simple affrontement armé. Elle oppose deux conceptions du Soudan : d’un côté, un projet de liberté, d’inclusion et de gouvernance civile ; de l’autre, un héritage politique fondé sur la centralisation, le contrôle et la marginalisation. Hemedti affirme vouloir rompre avec le racisme, les injustices régionales et l’exclusion de communautés longtemps tenues à l’écart du pouvoir et des ressources.
Son message s’inscrit dans une volonté de refondation nationale. En multipliant les appels à un consensus, à une administration inclusive et à une paix juste, il cherche à élargir la base politique du règlement de crise. Cette approche a aussi trouvé une traduction institutionnelle dans des initiatives de coalition avec des forces civiles et des mouvements armés, afin de bâtir un cadre plus ouvert à la participation populaire.
Pour les soudanais, cette stratégie fait de Hemedti un acteur central du changement. Ils y voient un effort pour protéger l’unité du pays, substituer la légitimité civile à la logique des armes et ouvrir la voie à un État plus équitable. Le projet repose sur une idée simple : aucun avenir stable n’est possible sans justice sociale, sans reconnaissance des diversités et sans fin de la marginalisation.
Reste que le défi est immense. La guerre a détruit les institutions, approfondi les divisions et fragilisé la confiance entre les composantes du pays. C’est pourquoi le projet d’État civil défendu par Hemedti est aussi un test politique : saura-t-il convaincre au-delà du front militaire et devenir une véritable base de réconciliation nationale ?
Amen K.
