Tchad : Affrontements entre des réfugiés camerounais et la population locale

Des affrontements ont éclaté mardi 8 et mercredi 9 février entre des réfugiés camerounais et les habitants de Guilmey, un quartier situé dans le 1er arrondissement de la capitale tchadienne N’Djamena, faisant 16 blessés, a-t-on appris, jeudi, auprès des autorités locales.

« Des affrontements ont éclaté dans la soirée de mardi et se sont poursuivis mercredi entre les réfugiés camerounais et les habitants du quartier Guilmey dans le 1er arrondissement de N’Djamena », a indiqué, jeudi, le maire de la localité, Djibrine Mahamat Abdelkerim.

« Ces affrontements ont fait 16 blessés dont cinq dans un état grave », a-t-il souligné ajoutant que les victimes dont des Camerounais, ont été blessées avec « des armes blanches ».


« Les affrontements ont eu lieu lorsque les habitants de Guilmey se sont introduits par effraction sur le site qui héberge les réfugiés camerounais. Armés des gourdins, couteaux et autres objets dangereux, les habitants de Guilmey ont attaqué les réfugiés pour s’emparer de leurs vivres », a expliqué le maire.

Selon des sources sécuritaires de la ville de N’Djamena, la police et la gendarmerie ont mené une opération de ratissage dans les ménages des habitants de Guilmey.

« Une trentaine de personne ont déjà été interpellé à Guilmey. Plusieurs articles notamment des sacs de riz, des cartons de savon et des seaux qui avaient été volés des réfugiés camerounais, ont été récupérés et leur seront restitués », a indiqué à l’Agence Anadolu, Habib Sarki, membre de la police municipale de N’Djamena.

Les affrontements qui ont éclaté décembre dernier dans le département de Logone-et-Chari (Extrême-Nord du Cameroun), opposant les pêcheurs mousgoum aux éleveurs de bétail arabes, ont poussé plusieurs dizaines de Camerounais à se réfugier au Tchad voisin.

Les autorités tchadiennes estiment à environ 100 000 le nombre des personnes arrivées sur le territoire à la suite des affrontements, dont près de 36 000 réfugiés camerounais recensés par le HCR dans 31 localités frontalières du Tchad.

Mahamat DABRY

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