Soudan : Le ministre des Affaires étrangères, Ammar Amoun Daldoum, mène une offensive pour redéfinir l’avenir du Soudan

Alors que le Soudan traverse l’une des crises les plus graves de son histoire, la diplomatie est devenue un champ de bataille essentiel. Depuis l’annonce des structures du « Gouvernement de fondation » (Unité et Paix), le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Ammar Amoun Daldoum, a pris les rênes de la stratégie diplomatique de l’Alliance. Sa vision est claire : démanteler l’ancien État centralisé et le reconstruire sur les principes d’une citoyenneté égale, de la laïcité et de la démocratie.

Qui est Ammar Amoun Daldoum ?

Né dans les montagnes du Nuba, Daldoum est une figure politique soudanaise de premier plan. Il est secrétaire général du Mouvement populaire de libération du Soudan-Nord (SPLM-N) et figure clé de l’alliance « Ta’sis », en Français « Fondation ». Il a été nommé ministre des Affaires étrangères en septembre 2025 dans le gouvernement du Premier ministre Mohamed Hassan Al-Ta’ishi. Négociateur expérimenté, il a dirigé les pourparlers de paix de son mouvement et a représenté le Soudan au Conseil africain des droits de l’homme et des peuples en 2008.
Une offensive diplomatique sur plusieurs fronts

Ces derniers mois, Daldoum s’est efforcé de présenter une « nouvelle image » du Soudan sur la scène internationale. Son gouvernement a mené des visites et des consultations avec plusieurs pays, obtenant parfois des accueils dans des capitales régionales.
Il a approuvé la déclaration du « Quatuor international » sur l’unité du Soudan, l’acheminement de l’aide humanitaire et une trêve humanitaire. Son gouvernement a même ouvert des corridors humanitaires dans les zones qu’il contrôle, affirme-t-il.

Les efforts du ministère se sont intensifiés pour faire entendre la voix de l’Alliance auprès de la communauté internationale et régionale, dans un contexte politique et militaire extrêmement délicat ; l’appel initial à la paix constituant la pierre angulaire des déclarations officielles d’Amar Amoun.

Son message reste inchangé : il n’y a pas de solution militaire à la crise soudanaise. Dans les médias, Daldoum insiste sur deux points :

• Le Gouvernement de fondation n’a jamais refusé les négociations, c’est l’autorité de Port-Soudan qui bloque les solutions politiques.
• Son gouvernement accueille favorablement l’initiative du Quatuor et toute démarche régionale en faveur d’une paix juste et durable.

Une diplomatie régionale qui porte ses fruits

Le travail de Daldoum va au-delà des déclarations. Il a contribué à organiser la visite du commandant des Forces de soutien rapide (FSR), Mohamed Hamdan Daglo « Hemedti », en Ouganda, où il a rencontré le président Yoweri Museveni à Entebbe. L’objectif était d’obtenir un soutien africain pour une paix civile et décentralisée au Soudan.
Son ministère s’est également montré ferme contre ce qu’il appelle les « ingérences extérieures » en faveur de l’armée et de Port-Soudan. Daldoum a appelé les États-Unis, l’ONU, l’Union africaine et l’IGAD à couper les approvisionnements qui prolongent la guerre et aggravent la catastrophe humanitaire.

Face aux accusations selon lesquelles son gouvernement serait « virtuel » ou chercherait à diviser le pays, Daldoum a vigoureusement répondu. Il insiste sur le fait que l’alliance veut préserver l’unité du Soudan et construire un système constitutionnel de transition et non dépecer le pays.

Pour finir, les actions d’Ammar Amoun en 2026 montrent que le combat du Gouvernement de fondation n’est pas seulement militaire. C’est une guerre diplomatique pour la reconnaissance et la légitimité régionale. Tout en tentant de désamorcer les tensions et de résister aux pressions, l’alliance s’efforce de se positionner comme un partenaire incontournable pour toute feuille de route future concernant le Soudan.

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