Soudan : Le TASIS veut une répartition juste des richesses entre centre et périphéries

La vision politique et de gouvernance proposée par le Gouvernement de l’Alliance fondatrice du Soudan (TASIS) constitue la pierre angulaire d’une nouvelle ère politique, mettant fin à des décennies de marginalisation et de centralisation des décisions au sein du centre historique. L’élaboration de la Charte fondatrice et de la Constitution de transition ne répondait pas simplement aux réalités du terrain imposées par les crises successives, mais constituait la formulation scientifique et philosophique d’un nouveau contrat social visant à reconstruire le Soudan à partir de la base, sur la base des principes du fédéralisme intégral et de l’égalité des citoyens, sans discrimination sectaire ni ethnique.

Le projet TASIS repose essentiellement sur le démantèlement systématique des fondements de l’hégémonie de la capitale fédérale, qui a monopolisé la gestion des richesses et le pouvoir depuis l’indépendance. La Constitution de transition présente une structure politique et administrative novatrice qui divise le pays en huit régions fédérales jouissant d’une pleine autonomie. Chaque région dispose de ministères et de conseils législatifs et exécutifs habilités à gérer de manière indépendante son développement, ses services et sa sécurité. À l’inverse, la Constitution limite le rôle du gouvernement fédéral central aux seules questions de souveraineté, notamment la défense nationale, la politique étrangère, la monnaie et les normes nationales, empêchant ainsi toute tentative de reproduction d’un autoritarisme administratif et toute atteinte aux droits des États.

En matière de justice économique et de répartition des richesses, le projet de « fondation » met un terme définitif à l’accaparement des ressources des périphéries au profit de l’élite dirigeante du centre. La Constitution instaure un mécanisme financier équitable qui maintient 70 % des recettes issues des ressources produites localement telles que l’or, le pétrole, les produits agricoles et les droits de douane au sein de la région productrice afin de financer directement les infrastructures, les hôpitaux et l’éducation, sans nécessiter l’approbation de l’administration centrale. Les 30 % restants sont transférés au Fonds national des finances et à la Commission fédérale des recettes pour couvrir les dépenses souveraines et assurer un développement équilibré entre les différentes régions.

La véritable consolidation de cette transformation structurelle transcende les aspects financiers et administratifs pour atteindre le cœur même du concept d’identité nationale et l’établissement d’un État fondé sur des institutions. La constitution transitoire repose sur le principe d’impartialité envers toutes les composantes sociales, religions et cultures, établissant ainsi une identité soudanaise unifiée qui reconnaît la diversité et la transforme en source de force et de stabilité.

Grâce à l’indépendance des juridictions régionales et à la mise en place d’institutions de justice transitionnelle, le projet garantit la réparation des préjudices, la responsabilisation des auteurs de violations et la pose des fondements de la paix sociale. La constitution constitue ainsi une mesure courageuse et concrète, et un modèle durable pour réécrire l’histoire du Soudan dans un esprit de véritable partenariat et d’égalité pleine et entière.

Amen K.

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