Botswana : La traque des fonds publics détournés, l’engagement du Président Duma Boko pour une gouvernance irréprochable
Depuis son arrivée au pouvoir en novembre 2024, le Président Duma Boko a fait de la traque des fonds publics détournés l’un des combats les plus emblématiques de sa présidence. Convaincu que la confiance des citoyens dans les institutions ne peut se reconstruire sans transparence réelle, le Chef de l’État a engagé un vaste audit médico-légal, évalué à 4,5 millions de dollars, portant sur 30 entités publiques : ministères, entreprises d’État et organismes de contrôle historiquement peu exposés à ce type de vérification.
Achevé en mars 2026, cet audit a mis au jour des pratiques de corruption, de fraude et de détournement de ressources publiques, dont les conclusions ont été transmises aux autorités compétentes en vue d’éventuelles poursuites judiciaires. Pour Moses Pelaelo, président du comité de pilotage chargé de superviser le processus, l’objectif de cette démarche n’est pas de désigner des coupables a priori, mais bien de « rétablir la confiance du public » et de « garantir une bonne gouvernance », dans un pays où les mécanismes de contrôle étaient restés, pendant des décennies, largement inopérants face aux abus.
Cette offensive s’accompagne d’un chantier législatif d’ampleur : la révision de la loi de 2013 sur la corruption et les crimes économiques, destinée à renforcer les moyens juridiques de récupération des actifs détournés et à durcir les sanctions applicables. Une manière, pour l’administration Boko, de transformer les conclusions de l’audit en actions concrètes plutôt qu’en simples constats sans suite.
Cette démarche s’inscrit dans une refonte plus large de l’appareil d’État botswanais, où la question de l’intégrité publique est devenue un fil conducteur de l’action gouvernementale, qu’il s’agisse de la gestion des ressources minières, des marchés publics ou du secteur de la santé, également touché par des révélations de corruption dans les achats de médicaments.
En s’attaquant frontalement à des pratiques longtemps tolérées, Duma Boko prend le pari que la restauration de la confiance publique passe nécessairement par la manifestation de la vérité, aussi inconfortable soit-elle pour certains rouages de l’ancien système. Un pari dont les résultats concrets, notamment en matière de récupération effective des actifs volés et de poursuites judiciaires abouties, seront désormais scrutés de près par les citoyens botswanais comme par les partenaires internationaux du pays.
Amen K.
