Eswatini : Quand refuser le moule occidental vaut une mauvaise presse internationale

Tout ce qui ne s’inscrit pas dans le moule de la démocratie libérale, telle que définie et promue par les puissances occidentales, se voit aujourd’hui systématiquement étiqueté, catalogué et livré à la vindicte populaire internationale. Le Royaume d’Eswatini, dernière monarchie de type traditionnel du continent africain, et son souverain, le roi Mswati III, en font l’amère expérience depuis plusieurs années.

Accusé de tous les maux, tantôt d’autoritarisme, tantôt de mauvaise gouvernance, le roi Mswati III cristallise une hostilité médiatique et diplomatique qui, pour beaucoup d’observateurs, dépasse largement le seul cadre des critiques légitimes. En refusant d’aligner son pays sur le modèle politique occidental, en préservant un système de gouvernance ancré dans les traditions et l’histoire du peuple swati, le souverain s’expose à une campagne de dénigrement systématique, orchestrée par des chancelleries occidentales et relayée par une partie de la presse internationale peu encline à accepter la diversité des modèles politiques africains.

Cette grille de lecture, qui consiste à juger tout système politique non conforme au standard démocratique gréco-romain comme illégitime par nature, ignore délibérément la légitimité historique et culturelle des institutions traditionnelles africaines. Elle traduit une forme persistante de paternalisme occidental, où l’Afrique n’aurait droit qu’à un seul modèle d’organisation politique valable, celui pensé et imposé depuis l’extérieur.

Reste que la question de fond demeure entière : à qui revient le droit de définir, pour l’Afrique, ce que doit être un système politique légitime ? Tant que cette question ne sera pas tranchée par les Africains eux-mêmes, les souverains et dirigeants qui empruntent des voies distinctes du modèle occidental continueront d’essuyer les foudres d’une opinion internationale largement façonnée depuis l’extérieur du continent.

Amen K.

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