Le Mali franchit une étape décisive dans le financement de ses infrastructures. Le gouvernement a annoncé avoir mobilisé 109,14 milliards de francs CFA entre janvier 2025 et juin 2026 dans le cadre du Fonds de financement des infrastructures énergétiques, hydrauliques et de transport, alimenté par les contributions des sociétés minières et des exploitants de carrières .
Institué par l’article 98 du Code minier adopté en août 2023, ce Fonds repose sur un prélèvement de 1 % du chiffre d’affaires trimestriel des titulaires de permis d’exploitation, complété par 10 % de la redevance ad valorem . Ce taux passe à 2,5 % à partir de la sixième année de production. Les recettes sont centralisées sur un compte du Trésor public, avec une gestion transparente assurée par un Comité de pilotage chargé d’approuver les budgets et de sélectionner les projets .
Lors de la première réunion du Comité de pilotage, présidée le 31 juillet par le ministre de l’Économie et des Finances, Alousséni Sanou, les autorités ont précisé que ce montant correspond aux ressources collectées et non aux investissements déjà réalisés . Le ministre a souligné que ce mécanisme devrait permettre de mobiliser au moins 50 milliards de francs CFA par an, avec un potentiel de levier allant jusqu’à 500 milliards de francs CFA pour financer les infrastructures nationales .
Les premiers projets identifiés concernent des secteurs clés : la modernisation des infrastructures ferroviaires et routières, l’acquisition de bateaux pour le transport fluvial, le développement de la compagnie publique Mali Airlines SA, ainsi que des investissements dans les domaines de l’énergie et de l’hydraulique . Le gouvernement n’a pas encore dévoilé le détail des projets retenus, leurs coûts ou leur calendrier, mais des rapports annuels sur l’utilisation des ressources seront publiés pour garantir la transparence .
Cette initiative s’inscrit dans une réforme plus large du secteur minier, avec notamment le recouvrement de 761 milliards de francs CFA d’arriérés auprès des compagnies minières à la suite d’audits . La performance future du Fonds dépendra de l’évolution de la production minière, qui devrait connaître un léger rebond en 2026 après une baisse en 2025 . Le Mali confirme ainsi sa volonté de faire des ressources minières un véritable moteur de développement durable et souverain.
Amen K.