Eswatini : Diversifier pour durer, le nouveau cap économique du royaume sous la directive du Roi Mswati III.

Depuis l’accession au trône du Roi Mswati III, le PIB d’Eswatini est passé d’environ 1,4 milliard d’emalangeni à plus de 95,2 milliards aujourd’hui, une progression qui témoigne de l’ampleur de la transformation économique du royaume au fil de son règne. Cette trajectoire s’est appuyée sur des investissements structurants : construction de l’aéroport international King Mswati III, électrification rurale, réseau routier étendu, ou encore le barrage de Maguga, réalisé en partenariat avec l’Afrique du Sud pour le partage équitable des eaux du Komati. Sur le plan social, l’espérance de vie a plus que doublé, tandis que les dispositifs de protection sociale se sont progressivement renforcés.

Mais à l’occasion du discours du Trône marquant ses 40 ans de règne, prononcé lors de l’ouverture de la troisième session du 12e Parlement, le Roi Mswati III a clairement affirmé que ces résultats ne constituaient pas un aboutissement. Trente-cinq directives ont été formulées pour accélérer la transformation économique du pays, renforcer les services sociaux et consolider l’unité nationale. L’axe central de cette feuille de route est sans ambiguïté : réduire la dépendance structurelle du pays aux recettes de l’Union douanière d’Afrique australe (SACU), historiquement volatiles et jugées peu fiables sur le long terme.

Concrètement, le Souverain a fixé deux objectifs chiffrés majeurs : mobiliser au moins 8 milliards d’émalangeni d’investissements locaux stratégiques dans des industries viables, capables de tripler les rendements et de créer de l’emploi, et faire émerger au moins dix entreprises nationales générant chacune un chiffre d’affaires annuel minimum de 10 milliards d’émalangeni, tous secteurs confondus. Selon le Roi, ces nouvelles recettes pourraient, à terme, dépasser celles générées par la SACU elle-même.

Ce virage stratégique intervient alors que l’économie eswatinienne, portée en 2025 par une croissance vigoureuse estimée entre 5 % et 8,3 % selon le FMI, reste néanmoins structurellement exposée aux aléas de sa dépendance régionale. La diversification annoncée, vers l’agro-industrie, la manufacture légère et les énergies renouvelables, s’inscrit également dans la perspective de la Zone de libre-échange continentale africaine, qui pourrait offrir de nouveaux débouchés à une économie longtemps concentrée sur le sucre et le textile.

Amen K.

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