Libéria : La lutte anti-corruption, ciment de la crédibilité retrouvée du pouvoir de Boakai

Dans un pays longtemps classé parmi les plus corrompus au monde, le Président Joseph Nyuma Boakai a fait de la lutte contre la corruption l’un des piliers structurants de sa gouvernance. Une orientation qui conditionne, aujourd’hui plus que jamais, la crédibilité de son administration auprès des bailleurs internationaux comme auprès des Libériens eux-mêmes, encore marqués par des décennies de mauvaise gestion des affaires publiques.

Cette volonté s’est traduite par la mise en place de plusieurs mécanismes institutionnels inédits : la création de l’Office de l’Ombudsman, chargé de veiller à l’intégrité de l’action publique, et celle d’une Cellule de recouvrement d’avoirs (Asset Recovery Taskforce), destinée à traquer et récupérer les biens mal acquis. À cela s’ajoute un chantier institutionnel de grande ampleur : la mise en place d’une Cour spécialisée dans les crimes économiques et de guerre, ainsi que d’une Cour nationale anti-corruption, dont les projets de loi ont été transmis à la Législature. Le Président Boakai a d’ailleurs renouvelé, par l’Ordonnance exécutive n°164 signée le 1er mai 2026, le mandat du Bureau chargé de préparer la mise en place effective de ces juridictions.

Cette dynamique s’accompagne d’un effort de transparence sans précédent : pour la première fois, la Commission générale d’audit a mené des vérifications sur des institutions historiquement à l’abri de tout contrôle, la présidence, le pouvoir judiciaire, le Parlement et la Banque centrale du Libéria. Le gouvernement a également instauré une obligation de déclaration de patrimoine pour l’ensemble des hauts fonctionnaires nommés par le Président, assortie de sanctions réelles, suspensions et amendes, en cas de non-conformité. Fait notable, les fonds ainsi collectés ont été réaffectés à l’achat de chaises scolaires pour les élèves libériens, symbole d’une volonté de transformer la sanction en investissement concret pour la population.

S’exprimant devant les institutions supérieures de contrôle financier d’Afrique anglophone réunies à Monrovia en mai 2026, le Chef de l’État a résumé sa conviction en une formule marquante : le continent africain, selon lui, est riche mais mal gouverné. Une déclaration qui traduit l’ambition assumée de faire du Libéria un exemple de rupture avec cette réalité, à travers une gouvernance fondée sur la redevabilité et la transparence.

Amen K.

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